Ben Younes Majen

Author, poet

Cahier d’un immigré

July13

Je suis né orphelin. Dans un milieu orphelin. Tout le monde qui m’entourais était aussi orphelin. Dieu a crée le père et la mère, et la société a concu l’orphelinat. Chez nous la misère était très rigoureuse. J’ai bu des larmes chaudes et salées. J’ai vêcu l’éternité rauque. A Oujda, Lyon, Paris et Londres, J’ai vu naitre la lumière dérrière l’horizon marocain foudroyé par la solitude nocturne. J’ai vu le néant. J’ai vêcu l’endurance et l’exile odieux. Corps à corps, sous I’ombre de I’araignée géante des murs concaves. Dans mes rêves matinaux ; j’attendais avec ferveur la tombée des jours creux. Le temps passait très vite et avec lassitude. J’ai vu naitre des jours évasifs. C’etait mon refuge monotone. C’etait l’absolu de mon espace opaque. Chaque jour, j’avance parmi les naufragés de l’abime vide. Sous la douleur amère, mes larmes furtives s’engouffraient. J’ai vu naitre l’univers et son éclipse. Son silence sombre et abstrait tourmentait mon âme. Et mes rêves, j’ai succombé mille fois sans prendre conscience. Mais l’asile de mon existence est devenu téméraire. Moi qui cherche I’euphorie dans les étoiles de cet univers lointain. Et comme le calme des nuits nonchalantes, j’ai poussé un soupir mordant sous l’arc du désarroi. Je sens à nouveau ce desir de vivre et revivre, en outre, mon enfance était frugale et exacerbée. A pas de géant le temps se recule à travers le crépuscule migrateur. Ô Roi-Sage de la pluie des torrents, des fleuves ruisselants, de la montagne gigantesque, du vent résistant et des vagabonds. Pour toi seul je lèche mes blessures et la déchirure de mes soufflés invisibles. Ô Roi-Sage ! Ma vie est un tournesol étendu sur une île vague noyée sous le soleil dormant. Je suis comme une âme délaissée. Traversant les dûnes sauvages du temps, oû les vendanges de l’esprit maudit se propulsent contre la course des ôgres. Je suis comme une âme délurée, tracasse par un souci stagnant.Ressuscitant la révoke victorieuse de mes souffrances. Je suis comme une âme perfide trahie par la vieillesse du temps perclus. Devant vos yeux majestueux J’éteignais ma fureur réticente. Le vide de Londres m’engouffrait. Quand est-ce que le flambeau de grace pétillera sur mes collines du doute ? On m’avait dit: soulage-toi ! Mais comment se soulager ? Oublie les douleurs infligées par le déluge oublie les souffrances néfastes, les émotions mélancoliques et taciturnes devant la condition humaine estompée. J’ai souffert tant des jours palissants. Depuis longtemps j’étais tout seul à semer la confusion entre le mutisme français l’éloquence anglaise et la rhétorique arabe aussi bien que les tournures émanées par mes écrits et les structures incontrolables très expurgées. En chassant l’intrépide de la guèrre du brouillard londonien qui a déphasé les cieux éternels. Je me souviens de l’atrocité des mers hasardeuses oû l’écûme de ma vie fut noyée au-delà des vagues en colère. Incarcéré entre deux étoiles vièrges. Ce fruit interdit aux étrangers enlisés dans ce monde embourbé. Pleurs ô nuage occupant mon ciel immense. Je suis venu t’offrir mon odyssée je suis venu te chanter mes rhapsodies. Comme une proie innocente j’étais aveuglé par un amour damné. Qui es-tu jour de solitude enclavée ? Qui t’a envoyé ? Toi le sourd muet atteins-tu l’âge de raison Pour comprendre le rythme du silence. Quant à moi je me suis habitué à la soif, enchainée que I’automne lugubre aux feuilles fanées et frémissantes m’a donné la satiété. Me voilà immigré contre mon gré me voilà dissipé dans ce monde imprenable, mon itinéraire angoissé comme un chat égaré sous la belle étoile dansante aux rythmes de l’aube de nulle part. Gloire immortelle aux penseurs vivants de l’utopie enchaîné qui aillent mourir sous le baillon de la justice bestiale, et sous l’oeil trompant des vautours dérapants. Gloire aux nerfs sanguinés. Gloire aux lèvres mordantes et sans rancunes. Gloire aux entrailles enterrées dans l’infini éternel. Immigrés de toutes les nations lâchez vos rênes mais ne tournez pas les bribes. Durant des années je partage avec toi le fruit de ma tristesse et ma maigre obole. Ô Sidi-Yahya sage de tous les sages prête-moi une belle Houria ivre de passion et une flûte magique. Car demain, je partirai vers l’inconnu qui n’attendrai. Cette terre échappante de toutes les saisons amères. Je bénis la mer en feu. Cette mer massacrée et décapitée par les vagues enragées. Avec leurs chants tristes elles revivent mon temps enivré écho par écho. Orphelin depuis l’âge de trois hivers rigoureux. Je suis né pour goûter la galette de la souffrance monotone. On m’a apprit à rêver. Mais mes nuits étaient éphémères oû les étoiles prémonitoires se broyaient. Ma voix humide, étouffante quelque fois écorche le vide frange qui de temps en temps suscite les incantations évasives. Je suis baptisé par les écumes de nuages méditerranéens et les ombres de saisons vièrges. On m’a apprit à écrire les mots et les rythmes. On m’a apprit que la gloire humaine est une voix apprivoisée par le desir de la prouesse succulente et vénéneuse. Ma voix cette saliva rupture qui grouille dans la nuit comme un gouffre de sang, comme une fournaise brûlante sans cesse dans les brasiers du destin et de la passion. Je suis né dans un labyrinthe où les larmes et les sueurs se trébuchaient en deluge transfilant. On m’a dit que ma voix ressemble à une source inondée par l’apocalypse assoiffé. Certes, je suis né pour libérer ma voix, ma vocation et mon émoi. Des vieux sages du village N’gadi pulvérisent des paroles pétillantes pour chasser l’ennui et le cauchemar perdurant. J’ai quitté mon village sans mener avec moi leurs bénédictions. J’ai laissé avec eux ma toison aux mille trous. Mon seul compagnon un talisman gravé par les mendiants du Souk-al-Joutiya. Je suis devenu dépaysé comme une alouette éclopée. J’ai parcouru les chemins de l’enfer et de l’avatar. Une image superstitieuse m’envahis, m’écrase. Adieu solitude écrasante et sans espoir. Bonjour la folie des rêves pamoisons. Dans mon ivresse j’ai rencontré le bonheur en lambeaux. Soleil-Vengeur j’accuse tes rayons écorchants. Soleil-Dieu exhalte mon endurance âpre. End.

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2 Comments to

“Cahier d’un immigré”

  1. On March 23rd, 2010 at 3:47 am Антон Павлович Says:

    Вы допускаете ошибку. Могу это доказать. Пишите мне в PM, поговорим….

    . Je suis né orphelin.
    Dans un milieu orphelin.
    Tout le monde qui m’entourais était aussi orphelin.
    Dieu a crée le père et la mère …….

  2. On May 19th, 2010 at 6:51 pm Kylie Batt Says:

    Хотел бы сказать пару слов….

    Инженер связи Je suis né orphelin.
    Dans un milieu orphelin.
    Tout le monde qui m’entourais était aussi orphelin.
    Dieu a crée le père et la mère …….

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